Journée mondiale de l’environnement : au cœur de la prévention et de la réparation, les experts FEDEA à l’œuvre
Publié le 5 juin 2026 • Rubrique : Actualités institutionnelles
Mots clés : environnement , expert
Chaque année, le 5 juin, la Journée mondiale de l’environnement rappelle l’urgence de préserver les écosystèmes et de concilier activités humaines et respect des milieux naturels.
À cette occasion, la FEDEA met en lumière, à travers l’interview de Pierre LEBRUN, dirigeant de CPA EXPERTS, société adhérente de la Fédération, un métier encore méconnu, mais pourtant essentiel : l’expertise environnementale.
Au croisement des sciences, du droit et de l’assurance, les experts membres de la fédération jouent un rôle déterminant dans la gestion des atteintes à l’environnement et la mise en place de solutions durables.
Une expertise scientifique de haut niveau, au service de l’intérêt collectif
L’expertise environnementale repose sur des compétences techniques pointues. Les experts sont souvent issus de formations en géologie, hydrogéologie ou hydrologie, leur permettant d’intervenir sur les milieux les plus sensibles. Comme l’explique Pierre Lebrun :« Les profils des experts en environnement sont souvent liés aux sciences des sols et des eaux, car ce sont les milieux les plus impactés. »
Cette spécialisation est essentielle pour comprendre le comportement des polluants, leur propagation et leurs impacts à court et long terme.
Contrairement à une idée reçue, ces experts n’interviennent pas uniquement après un sinistre. Leur rôle consiste aussi à accompagner l’analyse des risques, éclairer les décisions et contribuer à la prévention.
Des missions au cœur des enjeux environnementaux actuels
Dans leur quotidien, les experts FEDEA sont confrontés à une grande diversité de situations, souvent complexes.
Des pollutions accidentelles aux impacts multiples
Le cas le plus fréquent reste celui des pollutions accidentelles : fuite de cuve ou de canalisation,
déversement d’hydrocarbures, accident de transport (camion ou citerne), rupture de bassin de stockage...
« La finalité, c’est qu’un produit se déverse, s’infiltre dans les sols ou rejoint les cours d’eau et génère des dommages qu’il faut réparer. »
Ces événements, parfois ponctuels, peuvent avoir des conséquences durables sur l’environnement : contamination des nappes, destruction d’habitats naturels, atteinte à la biodiversité.
Exemple concret : une pollution industrielle à grande échelle
Parmi les dossiers emblématiques, Pierre Lebrun évoque un cas marquant lié à une rupture de bassin industriel.
Dans cet épisode, des eaux chargées en matières organiques ont été déversées dans un cours d’eau, entraînant un phénomène en cascade : prolifération de micro-organismes, consommation massive d’oxygène, asphyxie des poissons...
« Les micro-organismes qui se nourrissent de la matière organique consomment l’oxygène, ce qui peut entraîner une mortalité importante des poissons. »
Au-delà de la pollution elle-même, ce type de sinistre illustre bien la complexité des phénomènes environnementaux et la nécessité d’une expertise approfondie.
Vers une approche globale : de l’évaluation à la restauration
Le rôle des experts ne se limite plus à constater les dommages. Leur intervention s’inscrit dans une démarche complète : analyse des causes techniques du sinistre et exercice des recours, évaluation des impacts environnementaux, quantification des préjudices, participation à la définition de solutions de restauration.
Le préjudice écologique : une révolution juridique
Une première étape ayant été franchie avec la loi de 2008 instaurant un régime de responsabilité environnemental dans le code de l’environnement, un tournant majeur a été franchi avec la reconnaissance du préjudice écologique en 2016, inscrit dans le code de civil qui est désormais la référence sur ce type de dossier.
Avant cette date, sur le fondement du droit civil, les indemnisations étaient essentiellement financières. Désormais, le principe est clair : « Le préjudice écologique vise une réparation prioritairement en nature. »
Concrètement, cela signifie que les dommages causés à l’environnement doivent être compensés par des actions de restauration : réhabilitation de milieux naturels, recréation d’habitats, actions de renaturation, mesures de protection durable.
Les experts interviennent alors pour négocier avec les différentes parties prenantes (associations, collectivités…) les solutions les plus pertinentes, en s’appuyant sur des méthodologies scientifiques. Désormais, on doit calculer les surfaces impactées, proposer des solutions de restauration de l’environnement, et calculer des surfaces à restaurer.
Des enjeux qui dépassent les seuls milieux aquatiques
Si une grande partie des sinistres concerne les cours d’eau et les sols, les experts interviennent également sur d’autres problématiques. Par exemple, un sinistre impactant un cours d’eau et donc des poissons peut avoir des impacts plus larges comme les oiseaux qui peuvent subir une surmortalité du fait du déficit de proies. Ce ne sont plus seulement les associations de pêche qui peuvent se prévaloir de ce préjudice écologique mais toute la chaine concernée.
Biodiversité et infrastructures
Par exemple, certaines infrastructures peuvent avoir un impact sur la faune, comme les éoliennes.
« Dans ces cas, ce sont les exploitants qui peuvent être mis en cause pour les impacts sur les oiseaux. » La réponse ne consiste plus à compenser directement les pertes (par exemple en réintroduisant des espèces), mais à agir sur : la prévention, la protection des habitats, l’amélioration des conditions de reproduction.
Les nouveaux défis : les polluants émergents
Le métier évolue également face à l’émergence de nouvelles problématiques environnementales.
Parmi elles, les PFAS, souvent appelés “polluants éternels”, occupent une place croissante.
« Les PFAS sont de plus en plus présents dans les dossiers et font l’objet d’une attention réglementaire forte. »
Ces substances, utilisées notamment dans les mousses anti-incendie ou certains produits industriels, posent de nouveaux défis : forte persistance dans l’environnement, coûts de gestion très élevés, réglementation en cours de renforcement.
Les experts FEDEA jouent ici un rôle clé pour anticiper, analyser et accompagner la gestion de ces risques émergents.
Une expertise rare… et précieuse
L’expertise environnementale reste un domaine très spécifique en France.
« On compte seulement une dizaine d’experts spécialisés sur tout le territoire. »
Cette rareté s’explique par : la technicité des compétences requises, la complexité des dossiers, l’expérience nécessaire sur le terrain.
Cette concentration d’expertise favorise un haut niveau d’exigence et une connaissance fine des enjeux. « Cette compétence de haut niveau est reconnue et fait que sur certains dossiers, nous sommes demandés comme sapiteur »
Une contribution essentielle à l’équilibre entre économie et environnement
Les experts FEDEA interviennent souvent dans un contexte sensible, impliquant entreprises, assureurs, collectivités et associations.
Leur rôle est alors d’apporter une analyse objective et scientifique, une évaluation équilibrée des responsabilités et des solutions concrètes et durables.
En contribuant à la réparation des milieux et à la prévention des risques futurs, ils participent pleinement à la transition écologique.
Un engagement au cœur de la Journée mondiale de l’environnement
À l’occasion de cette journée, la FEDEA souhaite rappeler que derrière chaque enjeu environnemental se trouvent des professionnels engagés, au service de l’intérêt général.
L’expertise environnementale illustre parfaitement cette ambition :
comprendre, réparer et prévenir pour mieux protéger notre environnement.