Quand l’expertise rencontre l’engagement : ces experts qui protègent la France avant, pendant et après les crises
Publié le 17 juil. 2026 • Rubrique : Actualités institutionnelles
Mots clés : changement climatique , FEDEA , incendie
Alors que la France fait face cet été à des feux de forêt d'une ampleur exceptionnelle, certains experts en assurance sont également engagés sur le terrain, au service de la collectivité.
À travers les parcours de Coraline MARIUSSE, sapeur-pompier volontaire- Experte ELEX- Groupe ADENES, et de Davy COIRON, réserviste de la Gendarmerie- Expert SARETEC, se dessine une même vocation : protéger, aider et accompagner. Deux engagements citoyens qui enrichissent leur regard d'expert et donnent encore davantage de sens à leur métier.
Servir les autres : une vocation avant d'être un engagement
À première vue, rien ne destinait Coraline MARIUSSE et Davy COIRON à consacrer une partie de leur temps libre à des missions exigeantes au service de l'intérêt général. Pourtant, leurs parcours révèlent une profonde volonté d'être utiles aux autres.
Sapeur-pompier volontaire depuis treize ans dans la Drôme, Coraline évoque un engagement né très tôt : « Je suis sortie d'une visite de caserne à huit ans en disant : un jour, je ferai ça. Et cette idée ne m'a jamais quittée ! » Pour elle, devenir pompier répond à une conviction profonde : « C'est la volonté de rendre à la République et à nos concitoyens ce que la France a pu me donner.»
Du côté de Davy, l'engagement est né à 18 ans, lors d'une préparation militaire Gendarmerie. Seize ans plus tard, il poursuit toujours cette aventure citoyenne. « Il y a cette envie profonde et sincère d'aider et de servir son pays. On ne fait pas ça pour l'argent. On fait ça pour se sentir utile.»
Tous deux partagent ainsi une même recherche de sens. Cet engagement n'est ni une parenthèse ni un passe-temps : il constitue une composante essentielle de leur identité.
Au cœur des feux de forêt : protéger les populations quand l'urgence frappe
L'été 2026 est marqué, cette année encore, par des incendies particulièrement violents. Dans ce contexte, les engagements de nos deux experts ont pris une dimension toute particulière.
Dans la Drôme, Coraline MARIUSSE a été mobilisée sur un incendie majeur ayant parcouru plusieurs milliers d'hectares dans le massif du Diois. Un feu attisé par des vents violents, dans des zones difficilement accessibles aux moyens terrestres.« Il y a eu jusqu'à 500 sapeurs-pompiers mobilisés en même temps. C'est une mobilisation hors norme. » Pendant plusieurs jours, les équipes se sont relayées jour et nuit afin de protéger les habitations, évacuer les populations et contenir les départs de feu.
En Seine-et-Marne, Davy COIRON a quant à lui été appelé en renfort sur les feux de Fontainebleau alors qu'il devait initialement assurer une mission liée aux festivités du 14 juillet. « Mon commandant m'a demandé si je pouvais être disponible dans l'heure. J'ai pris mon équipement et je suis parti immédiatement. » Son rôle ne consistait pas à combattre le feu mais à sécuriser les zones évacuées, empêcher les intrusions, protéger les habitants et faciliter le travail des secours. « Notre mission était de faire respecter les évacuations, protéger les domiciles et permettre aux pompiers d'intervenir dans les meilleures conditions. »
Tous deux soulignent également l'immense solidarité observée sur le terrain. « Ce qui était magnifique à voir, c'était tous les habitants et les agriculteurs qui se mobilisaient pour aider. »
Face à ces événements extrêmes, bénévoles, professionnels, élus, habitants et services de l'État forment une même chaîne de solidarité.
Quand l'engagement enrichit l'expertise
Si leurs missions diffèrent, l'une comme l'autre constatent que leur engagement nourrit directement leur pratique professionnelle d'expert. Pour Coraline MARIUSSE, la résonance est évidente : « Quand vous êtes pompier, vous arrivez pendant le sinistre. Quand vous êtes expert, vous arrivez après. Mais le choc vécu par les victimes est souvent le même. » Son expérience de terrain lui apporte une meilleure compréhension des mécanismes d'incendie, des enjeux de prévention et surtout des attentes des sinistrés. « Être expert, ce n'est pas seulement chiffrer les dommages. C'est accompagner les personnes dans des moments de vie difficiles »
Même constat pour Davy COIRON, qui voit dans ses deux engagements une même logique de prévention et de gestion des risques. « Les actions de prévention que je mène auprès des assurés, je les retrouve en Gendarmerie. Dans les deux cas, l'objectif est d'éviter qu'un événement grave ne survienne. »
Dans les crises majeures, les parcours se rejoignent même naturellement.
« Lors d'un feu de forêt, les pompiers interviennent pour éteindre le feu, les gendarmes sécurisent les zones et les experts arrivent ensuite pour accompagner la reconstruction. Finalement, nous sommes tous maillons de la même chaîne. »
Cette convergence nourrit chez eux une approche plus humaine du métier et une compréhension encore plus fine des réalités vécues par les assurés.
Donner du sens à sa vie professionnelle et personnelle
Être expert et s'engager au service des autres exige des sacrifices. Des nuits écourtées, des week-ends mobilisés, des contraintes familiales assumées. Pourtant, aucun des deux ne regrette son choix. « La passion fait oublier beaucoup de choses. » - Coraline MARIUSSE, « Quand on a réellement aidé des personnes, on ne compte plus ses heures. » - Davy COIRON
Au-delà des compétences acquises ou du service rendu, c'est aussi une aventure profondément humaine.
Pour Coraline MARIUSSE, la plus grande richesse demeure le regard de ceux qui l'entourent, « Le regard des gens que j'aime sur mon engagement de pompier volontaire, c'est ce qui me fait tenir lorsque les choses ne sont pas toujours faciles à voir. »
Et lorsqu'on leur demande ce qu'ils diraient à un expert qui hésite à s'engager, leurs réponses se rejoignent.« C'est une très belle école de la vie. Cela ne peut être qu'une plus-value dans le métier d'expert. » - Coraline MARIUSSE. « Il faut trouver dans sa vie quelque chose qui a du sens et qui n'a rien à voir avec son activité professionnelle principale. » - Davy COIRON
Entreprises, services de secours et réserves : un partenariat gagnant pour tous
Derrière chaque Sapeur-Pompier volontaire ou réserviste de la Gendarmerie se trouve souvent aussi un employeur qui accepte de composer avec les contraintes de cet engagement. Car servir la collectivité demande du temps, de la disponibilité et parfois une capacité de réaction immédiate lorsque survient une crise majeure.
Pour faciliter cet équilibre, des conventions peuvent être conclues entre les entreprises et les Services Départementaux d'Incendie et de Secours (SDIS) ou avec la Garde Nationale. Leur objectif est simple : permettre aux collaborateurs engagés de répondre à certaines sollicitations exceptionnelles sans pénaliser leur parcours professionnel. Ces dispositifs favorisent également la diffusion de compétences utiles à l'entreprise, notamment en matière de secourisme, de gestion de crise ou de prévention des risques.
Pour Coraline MARIUSSE, cette logique représente une véritable opportunité pour les organisations: « J'aimerais que l'on puisse amener cela comme une plus-value et pas comme un sacrifice. Il existe de vraies possibilités de coopération entre les entreprises et les services d'incendie et de secours, notamment autour de la prévention ou du secourisme. »
La jeune experte souligne que les employeurs découvrent souvent chez les volontaires des qualités particulièrement recherchées : sens de l'organisation, gestion du stress, prise de décision, leadership ou capacité à agir dans l'urgence. Autant de compétences directement transférables dans l'univers professionnel. Son directeur lui avait d'ailleurs confié lors de son recrutement :« J'ai vu que tu étais pompier volontaire, et cela a fait la différence »
Du côté de la réserve opérationnelle, Davy COIRON rappelle également que la loi prévoit déjà des dispositifs permettant aux employeurs de libérer leurs collaborateurs engagés plusieurs jours par an. Certaines entreprises vont encore plus loin en concluant des conventions avec la Garde Nationale afin de renforcer cet accompagnement.
Au-delà de l'aspect réglementaire, ces démarches traduisent une conviction de plus en plus forte : les réservistes et les volontaires constituent une richesse pour l'entreprise autant que pour la société.
À l'heure où les catastrophes naturelles se multiplient et où la cohésion collective est plus essentielle que jamais, leurs témoignages rappellent une évidence : l'expertise ne se limite pas à l'analyse des sinistres. Elle est aussi portée par des femmes et des hommes profondément engagés, qui choisissent de mettre leurs compétences, leur temps et leur énergie au service des autres.
Parce qu'au fond, être expert, pompier volontaire ou réserviste, c'est souvent répondre à la même ambition : contribuer, à son niveau, à protéger ce qui compte le plus. L’expert engagé est un acteur de la résilience collective à la fois dans son métier, la société et au sein de son entreprise.