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Fédération De l'Expertise en Assurance

Fine Art : un secteur de l'expertise méconnu, à la croisée des chemins

Publié le 15 avr. 2026 • Rubrique : Actualités institutionnelles

Mots clés : objets de valeur

Au sein des marchés assurantiels, le métier d’expert Fine Art occupe une place singulière, dans un environnement économique dynamique, à la croisée de presque toutes les garanties, des techniques assurantielles et bien sûr de l’histoire de l’art et de son marché.

Fine Art : un secteur de l'expertise méconnu, à la croisée des chemins

Sedgwick

Emmanuel REMOND Dr. - Executive MCL Adjuster – Fine Art, Jewelry, Specie Sedgwick France

 

D’une manière générale, les sinistres sont rares dans ce domaine, car les œuvres sont toujours entourées des soins de professionnels expérimentés. Cependant, au cours d’une exposition, en transport ou lors d’un incendie, le pire peut survenir et un expert est alors nécessaire ; pas seulement pour constater, mais aussi pour confirmer la nature réelle de l’objet, l’authentifier et pour trouver, à l’aide de ses connaissances et de son réseau, la meilleure solution pour tenter de sauver l’œuvre. Le vol – perte totale – est une garantie autonome et un autre versant des sinistres. Dans le cas de vols d’œuvres et de bijoux, des enquêteurs spécialistes peuvent être convoqués et une fois de plus, un réseau de connaissances est nécessaire.

👨‍🎓 Quelle formation pour devenir expert ?

Le métier d’expert spécialiste en art ne nécessite ni concours ni examen. Souvent, les experts ont une double formation en droit et histoire de l’art. certains viennent du monde des enchères publiques pour devenir experts ; d’autres peuvent avoir une solide formation face aux objets.

L’adage de la profession dit cependant, que pour être un bon expert, il faut être cru. Confiance, probité, connaissances, savoir-faire et faire-savoir sont les qualités essentielles des experts.

Nous travaillons dans un petit marché, parfois qualifié de niche, où tous les acteurs, qu’ils soient marchands, collectionneurs, courtiers et assureurs se connaissent. Dans un futur assez proche, il est envisageable qu’un spécialiste Fine Art ne puisse se prévaloir d’un titre d’expert que s’il est reconnu  par une chambre d’experts, dans une ou plusieurs spécialités. Pour les assureurs, nous intervenons bien souvent comme généralistes, mais savons à qui nous adresser en cas de nécessité. On ne peut être spécialiste en tout.

 

🤫 Pouvez-vous nous dévoiler quelques secrets ?

Pour illustrer les missions qui peuvent être confiées à un spécialiste Fine art, on peut citer le vol d’une cinquantaine de bouteilles de vin dans un grand restaurant parisien. Le préjudice était supérieur à 1M€ et l’enquête a duré plus d’un an. Les experts peuvent aussi intervenir sur la réalisation de constats d’état pour des œuvres qui voyagent, comme celles de Sarah Morris lors de leur accompagnement au Moyen-Orient, ou celui du fameux David par Guido Reni, récemment vendu à Paris pour plus de 12 M€, et exposé à Londres et New-York. Travailler en réseau permet d’intervenir partout dans le monde, ce que les experts ne manquent pas de faire dès que la problématique l’impose, en accord avec les assureurs.

Et demain ?

Il est certain que notre profession évolue et évoluera avec les outils IA déjà à disposition. Le rôle de médiateur des experts spécialistes Fine Art, à une période où de vastes connaissances sont à disposition de chacun, demeurera cependant nécessaire de longues années encore.

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